Spiritualité & Énergétique

226. Désir, plaisir et relations : l’énergétique au féminin – avec Marion Desangles

L’énergie féminine ne se limite pas aux soins ou aux rituels : elle touche au corps, au cycle, au couple, et jusqu’à la relation qu’on entretient avec l’argent et le plaisir. Dans cet épisode, Marion Desangles, énergéticienne spécialisée dans l’énergie du féminin, partage avec Amba un parcours et une pratique qui parlent autant de guérison que de puissance retrouvée.

Une spécialité qui l’a choisie, pas l’inverse

On pense souvent qu’une praticienne choisit son domaine de prédilection. Pour Marion, ça s’est passé à l’envers. Quand elle démarre les soins énergétiques en 2020, pendant le premier confinement, ses dix premières clientes viennent la consulter pour des problématiques éminemment féminines : fertilité, sexualité, relations de couple, cycles. Les résultats sont là, et le bouche-à-oreille entre femmes fait le reste. Cinq ans plus tard, cette spécialisation reste au cœur de son activité.

Derrière cet engagement professionnel, il y a une histoire plus intime. Marion perd sa mère à 6 ans, d’un cancer du col de l’utérus. Avec ses trois sœurs, elle grandit sans le modèle direct d’une mère au quotidien, et reconstitue une bonne partie de son histoire par la bouche d’autres personnes plutôt que par elle-même. Ce vécu la mène vers une exploration différente de ce que veut dire être une femme, une exploration qui passe d’abord par l’expérience et non par la théorie. Comme elle le formule elle-même, la théorie chez elle est née de l’expérimentation, pas l’inverse : ce sont ses propres cheminements qui donnent naissance à ses méthodes, avant de devenir des programmes qu’elle transmet à ses élèves. Elle décrit d’ailleurs se sentir guidée par une énergie qu’elle qualifie de féminine, presque comme une déesse intérieure qui lui indique, étape par étape, ce qu’il faut travailler, y compris sur des sujets qui ne la concernent pas personnellement mais qui parlent à un groupe entier.

Le rapport au cycle, cœur de l’énergie féminine

Un corps qui rappelle chaque mois que quelque chose peut naître, ou non. Voilà comment Marion décrit le rapport des femmes à leur cycle, un rapport qui façonne une conception de la vie très différente de la vision plus linéaire qu’on connaît à travers des œuvres et des théories majoritairement écrites par des hommes.

Ce sujet reste jeune dans nos sociétés. Marion évoque un sentiment de solitude largement partagé autour de la biologie féminine : un manque d’informations, un manque d’échanges, et une forme de jugement qui n’a rien de nourrissant. Elle observe aujourd’hui un mouvement inverse, celui d’une sororité qui reprend sa place, à travers les cercles de femmes, les programmes, les formations, ou tout simplement un repas entre copines. Se rassembler entre femmes a, selon elle, un impact énergétique réellement positif.

Elle va plus loin : ce moment n’est pas seulement celui d’une guérison des femmes, mais celui d’une guérison de l’énergie féminine au sens large, y compris chez les hommes. Le sexisme et le machisme ont fait des dégâts dont les femmes sont les premières victimes, mais ils ont aussi étouffé la part féminine des hommes eux-mêmes, cette capacité à ressentir et à exprimer ses émotions sans se sentir moins homme pour autant.

Énergie féminine, énergie masculine : une question de manière, pas de métier

Marion insiste sur un point qu’elle tient à clarifier : être dans une énergie yin ou yang n’est pas une question d’activité ou de profession. On peut être entrepreneure, pompier, infirmière, et être pleinement dans son énergie féminine. Ce n’est pas ce qu’on fait qui définit cette polarité, mais la manière dont on le vit.

Elle illustre ça avec une anecdote personnelle. Un jour, elle reçoit un homme en soin, ce qui reste rare dans sa pratique. Ce jour-là, elle se sent elle-même en manque de sécurité parce que son conjoint est en déplacement, et associe alors l’énergie masculine à ce qui sécurise. À la fin du soin, ce client lui confie s’être senti en sécurité justement grâce à sa douceur, à sa féminité. Une manière très concrète de rappeler que l’énergie féminine et l’énergie masculine peuvent chacune sécuriser, mais de façon complètement différente. Ni l’une ni l’autre n’a le monopole d’une qualité donnée.

Amba pousse la réflexion plus loin en évoquant les femmes qui, sur les réseaux, semblent tiraillées entre deux injonctions contraires : rester dans un fonctionnement entièrement yang, ou basculer entièrement dans le yin, sans jamais se sentir légitimes dans l’un ou l’autre. Marion répond avec une position claire : la seule vraie question, selon elle, c’est d’être heureuse avec ce qui fonctionne réellement pour soi. Parmi ses consultantes, la plupart trouvent davantage d’épanouissement dans un fonctionnement intrinsèquement plus yin, mais ce n’est pas une règle universelle, et vouloir forcer une polarité qui ne nous correspond pas crée plus de déchirement que d’alignement.

Le leadership énergétique dans le couple

Une dynamique revient souvent dans les consultations de Marion : c’est en général la femme qui prend en charge le travail énergétique et thérapeutique du couple, celle qui cherche à faire évoluer les choses quand quelque chose coince. Elle observe ce même schéma dans ses propres accompagnements, avec une nuance importante : ce n’est pas une loi universelle, mais une dynamique fréquente, notamment dans les couples hétérosexuels, où la partenaire dans une énergie plus yin devient naturellement la visionnaire du ressenti et du subtil, pendant que le partenaire plus yang s’ancre davantage dans le concret.

Pour Marion, ce déséquilibre n’est pas à corriger en soi, chaque couple fonctionne à sa manière, mais elle y voit un vrai réveil chez les femmes, celui d’incarner pleinement ce leadership plutôt que de le subir en silence. Elle invite aussi à un rééquilibrage réciproque : plutôt que de materner un partenaire masculin sur le plan énergétique, elle propose de lui faire confiance pour trouver ses propres espaces de guérison, souvent différents des nôtres, parfois collectifs entre hommes, à condition de lui laisser la place d’y arriver par lui-même.

Le couple comme espace de transformation

Marion ne théorise pas de loin. Elle parle ouvertement de son propre parcours amoureux, qu’elle qualifie elle-même de chaotique : elle dit avoir traversé quasiment tous les schémas toxiques qui existent dans les relations, différentes formes de violence et de manipulation, jusqu’à une tromperie qui a marqué un point de rupture décisif.

Ce qui l’intéresse dans ce récit, ce n’est pas la douleur en elle-même, mais le mécanisme qui a suivi. Elle décrit ce moment comme une simple décision, prise d’un coup : plus jamais ça. Le procédé de la manifestation, dit-elle, commence toujours ainsi, par une décision, aussi simple que de reconnaître qu’on dîne seule alors qu’on aimerait partager ce moment avec quelqu’un. Au moment de cette rupture précise, elle raconte avoir physiquement senti son cœur se briser dans sa poitrine, ce phénomène dont on parle depuis toujours sans forcément y croire au sens propre. Sa lecture de l’instant a été inattendue : un cœur brisé est un cœur ouvert. Elle en a fait un engagement envers elle-même, celui de ne plus jamais le refermer, quitte à repérer immédiatement les premiers signes de fermeture pour les travailler énergétiquement avant qu’ils ne s’installent.

Quelques semaines plus tard, son désir revient en force, au terme d’une nuit qu’elle décrit comme particulièrement intense. Le lendemain matin, elle se réveille avec trois messages de trois hommes différents, tous envoyés entre 4 et 6 heures du matin. En les examinant, elle reconnaît trois schémas bien identifiés : l’homme indisponible qui n’assume pas sa relation en cours, celui qui cherchait davantage une infirmière qu’une compagne, et celui qui projetait sur elle une image de femme trophée sans chercher à la connaître. Elle ferme la porte aux trois. Ce moment, dit-elle, a été un vrai basculement, la preuve concrète que nos changements intérieurs se ressentent à distance, et que reconnaître un schéma en amont permet de ne plus y retomber par automatisme.

Pourquoi on bloque le plaisir, l’argent et l’amour de la même façon

C’est sans doute la partie la plus concrète de l’échange. Marion explique que le corps se contracte face à plus de plaisir, plus d’argent, plus d’amour, pour une raison très simple : on a été éduquées à donner, à être au service de l’autre, alors qu’énergétiquement nos corps sont littéralement faits pour recevoir.

Elle prend l’exemple du plaisir sexuel : des femmes viennent la consulter parce qu’elles arrivent à ressentir un peu de plaisir, mais pas jusqu’à l’orgasme. Son conseil est simple à tester : se poser, respirer, et observer ce qui se passe dans le corps à la perspective d’atteindre ce plaisir. Une contraction, une tension dans le ventre, signalent un plafond énergétique au-delà duquel on ne se sent pas encore à l’aise d’aller.

Le mécanisme est, selon elle, exactement le même pour l’argent, qu’on parle d’un plafond à 3 000, 12 000 ou 200 000 euros de chiffre d’affaires mensuel. Ce qui coince à la racine peut être une loyauté familiale (« dans ma famille, personne n’a jamais bien gagné sa vie, si je dépasse ce cap je trahis le clan ») ou la peur de générer de la jalousie chez les femmes qui nous entourent. Le fameux paradoxe du « c’est trop beau pour être vrai », quand tout va bien dans une relation ou une situation, relève du même ressort : une part de nous ne se sent pas en sécurité quand elle est en sécurité.

Une méthode simple pour identifier le blocage

Marion propose une façon d’aborder ce travail au quotidien, sans nécessairement passer par une séance d’énergétique formelle : repérer la contraction dans le corps face à la perspective de recevoir plus (de plaisir, d’amour, d’argent), puis se demander ce que le corps essaie de dire à ce moment précis. Derrière la croyance repérée, la question à poser est celle-ci : est-ce de l’amour ou de la sécurité dont j’ai besoin, à cet instant ? Une fois cette racine identifiée, il devient possible de travailler avec des pratiques quotidiennes simples pour se reconnecter à l’énergie de sécurité ou d’amour, et desserrer peu à peu le plafond. Ce travail se fait souvent accompagné, par une thérapeute ou un professionnel qualifié, plutôt que seul.

Se permettre l’abondance, pas seulement survivre

Au-delà du plaisir et du couple, Marion évoque le travail qu’elle mène avec les femmes entrepreneures qu’elle accompagne : oser être à l’aise financièrement, bien gagner sa vie, pas uniquement pour couvrir les besoins de base, mais aussi pour se laisser de l’espace pour le plaisir, pour partir en vacances, pour se sentir en sécurité au point de pouvoir recevoir davantage. Elle intègre pleinement cette dimension dans ses formations, avec la conviction que ses élèves doivent repartir avec la certitude qu’elles peuvent vivre pleinement de leur activité, sans culpabilité ni plafond invisible.

Ce qu’il faut retenir

Le fil rouge de cet échange tient en une idée : sortir de ce qui est subi pour entrer dans une énergie choisie et incarnée, que ce soit dans le rapport au cycle, au couple, au plaisir ou à l’argent. Le corps donne des signaux très concrets, la contraction, la tension, le sentiment de « trop beau pour être vrai », et ces signaux peuvent devenir des points de départ pour un travail énergétique réel plutôt que des blocages qu’on subit indéfiniment.

FAQ énergie féminine et blocages du plaisir

Comment savoir si j’ai un blocage énergétique lié au plaisir ou à l’argent ?

Le signal le plus fiable est corporel : observez ce qui se passe dans votre corps à la perspective de recevoir plus (de plaisir, d’amour, de revenus). Une contraction, une tension dans le ventre ou ailleurs, signale un plafond énergétique que vous n’êtes pas encore à l’aise de dépasser.

Pourquoi a-t-on du mal à recevoir plus de plaisir ou d’abondance ?

Selon Marion Desangles, beaucoup de femmes ont été éduquées à donner et à se mettre au service des autres, ce qui crée une difficulté à recevoir alors que le corps est, énergétiquement, fait pour ça.

Le blocage financier a-t-il un lien avec la famille ?

Souvent, oui. Une loyauté familiale inconsciente (rester dans les mêmes revenus que ses parents) ou la peur de générer de la jalousie chez son entourage peuvent créer un plafond énergétique difficile à dépasser seule.

Pourquoi est-ce souvent la femme qui porte le travail énergétique du couple ?

Marion observe que dans de nombreux couples hétérosexuels, la partenaire dans une énergie plus yin prend naturellement en charge le ressenti et le subtil. Ce n’est pas une règle universelle, mais une dynamique fréquente qu’elle invite à rééquilibrer en laissant aussi l’autre partenaire trouver ses propres espaces de guérison.

L’énergie féminine concerne-t-elle uniquement les femmes ?

Non. Marion souligne un besoin réel, aujourd’hui, de guérison de l’énergie féminine chez les hommes aussi, dont la part féminine (ressentir, exprimer ses émotions) a souvent été étouffée par le sexisme et le machisme ambiants.

Où retrouver le travail de Marion Desangles ?

Ses formations et son accompagnement sont accessibles via son site et son compte Instagram.

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