Chamanisme, exorcisme et chasse aux entités : ce qu’on ne vous dit jamais sur les métiers de l’ombre
On a tendance à imaginer le chamanisme à travers des clichés : une figure mystique, cachée, à mi-chemin entre le folklore et la fiction. Pourtant, derrière ce mot, il y a une pratique extrêmement codifiée, transmise par initiation, avec des grades précis et des spécialisations bien réelles. Dans le dernier épisode du podcast Manipura, j’ai reçu Morgane, praticienne chamanique, exorciste et spécialiste en chasse d’entités, connue sous le nom de The Shaman Fairy. Une conversation qui aborde un sujet qu’on évite souvent dans le développement spirituel : les métiers de l’ombre.
Pourquoi ce sujet, et pourquoi maintenant
La plupart des contenus sur la spiritualité restent du côté lumineux : soins, alignement, énergie positive. Mais très peu de praticiens abordent ce qui se passe quand ça déraille vraiment : entités, possessions, magie noire. Morgane, elle, en a fait sa spécialité, justement parce qu’elle a elle-même traversé ces situations. Son parcours, de psychomotricienne diplômée d’État à exorciste reconnue, donne un éclairage rare sur cette face moins visible des pratiques énergétiques.
Un parcours qui commence par une possession
À l’adolescence, à La Réunion, Morgane a vécu des événements qu’elle décrit comme des phénomènes paranormaux puis une possession démoniaque : pertes de mémoire, écritures automatiques dans des langues qu’elle ne connaissait pas, crises avec les yeux révulsés. Un prêtre catholique a refusé de l’exorciser parce qu’elle n’était pas catholique. C’est un chaman qui l’a finalement prise en charge, et c’est cette rencontre qui a déclenché sa formation au chamanisme sibérien.
Cette histoire personnelle éclaire un point central de la conversation : pour elle, devenir spécialiste des ombres n’a rien d’un choix abstrait. C’est une réponse directe à ce qu’elle a vécu et à ce qu’elle aurait aimé trouver à l’époque.
Parasite ou entité : une distinction essentielle
L’un des points les plus concrets de l’épisode, c’est la différence entre deux phénomènes souvent confondus.
- Le parasite énergétique est une accumulation d’énergie stagnante, sans conscience ni volonté propre. Morgane le compare à un caillot qui bloque la circulation énergétique dans un lieu ou sur une personne.
- L’entité possède une conscience. Les plus fréquentes, selon elle, sont les âmes humaines bloquées dans notre réalité.
Cette distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire : elle détermine la manière dont on intervient.
Comment reconnaître les signes
Avant de penser à une présence, Morgane insiste sur un point simple : commencer par éliminer les causes rationnelles. Si une ampoule clignote, on change l’ampoule, on appelle l’électricien, on vérifie les fusibles.
Si malgré ça les signes persistent, dans un lieu, on peut observer :
- une sensation d’être observé ou suivi
- des phénomènes inexpliqués (objets déplacés, bruits)
- le fait de se sentir mieux à l’extérieur qu’à l’intérieur
Sur une personne, les signes sont souvent plus diffus :
- des pensées, émotions ou comportements qui ne semblent pas lui appartenir
- une fatigue énergétique inexpliquée
- des troubles du sommeil, des cauchemars récurrents
- des troubles physiques à répétition
Selon Morgane, il n’est pas nécessaire de cocher toutes ces cases : un ou deux signes, accompagnés d’une baisse claire du taux vibratoire, suffisent déjà à orienter le diagnostic.
Tous les chamanismes ne se ressemblent pas
Autre point souvent ignoré : il n’existe pas un chamanisme, mais des chamanismes. Chaque culture a développé sa propre cosmogonie et ses propres outils. Le chamanisme sibérien, dans lequel Morgane s’est formée, utilise le tambour pour entrer en transe et s’appuie sur des esprits alliés sous forme animale, les fameux animaux totems. Le chamanisme mongol partage certains points communs, mais diffère sur des détails précis : en Mongolie, on considère qu’on a un seul animal totem, contre deux en Sibérie. Les chamanismes sud-américain, africain ou coréen reposent sur d’autres outils et d’autres croyances.
Ce système est également codifié par grades. En tradition sibérienne, on parle de « tambours » : à partir du tambour 3-4, on devient chaman guérisseur, formé au recouvrement d’âme et à l’accompagnement des morts. À partir du tambour 5, on devient chaman vrai, formé à l’exorcisme et à la confrontation aux entités. Morgane précise un point souvent mal compris : on peut être praticien chamanique sans être reconnu chaman, ce statut nécessitant des initiations spécifiques reconnues par les esprits eux-mêmes.
La magie noire, plus subtile qu’on ne le croit
L’un des passages les plus marquants de l’épisode porte sur la définition de la magie noire. Pour Morgane, elle ne se limite pas à des rituels extrêmes ou à une intention clairement malveillante :
- souhaiter du malheur à quelqu’un en est une forme évidente
- mais aller contre le libre arbitre d’une personne, même avec une intention positive, en est une aussi
- le mauvais œil, souvent lié à la jalousie, en est une autre forme très répandue
Elle rappelle aussi que cette pratique faisait historiquement partie du folklore européen, avant que la pensée cartésienne ne pousse ces croyances dans le déni collectif. Quelque chose que les cultures réunionnaise, africaine, asiatique ou sud-américaine n’ont jamais vraiment perdu.
Une pratique qui s’intègre dans le quotidien
Au-delà du contenu technique, l’épisode montre aussi la réalité concrète d’une praticienne qui jongle entre soins, entrepreneuriat et maternité. Morgane détaille son organisation entre rendez-vous, administratif, formation de ses élèves, et sa fille de deux ans. Elle insiste particulièrement sur l’importance de se protéger énergétiquement après chaque interaction, à travers des rituels de nettoyage réguliers, pour ne pas ramener chez elle ce qu’elle traite chez les autres.
En résumé
Cet épisode aborde un terrain rarement exploré dans les contenus spirituels grand public : la dimension la plus exigeante des métiers du subtil. Parasites énergétiques, entités, exorcisme, magie noire, différences culturelles entre chamanismes : autant de notions précises qui méritent d’être expliquées sans tabou ni sensationnalisme.
Ressources mentionnées dans cet épisode :
- Morgane, The Shaman Fairy : https://www.theshamanfairy.com/
- Festival Under the Moon à Lyon : https://underthemoon.fr/





















