débuter la méditation

#39 Je n’arrive pas à méditer !

Voici le dernier épisode de cette série sur la méditation. Pour rappel cette série est composée de :

Épisode 1 : (#33) Façonner votre réalité grâce à la méditation

Épisode 2 : (#35) Augmenter sa capacité d’autoguérison grâce à la méditation

Épisode 3 : (#37) Anecdotes et partages d’expérience autour de la méditation

Dans ce dernier épisode, nous allons parler de :

  • ce qu’est le lâcher prise
  • la notion de performance mais aussi de sagesse
  • comment méditer
  • mais surtout on va démonter toutes les croyances limitantes qui vous empêchent soit de vous y mettre, soit de continuer votre pratique.

 

Qu’est ce que le lâcher prise ?

Je ne compte plus le nombre de personnes que j’ai entendu dire ‘Je n’arrive pas à méditer, j’arrête pas de penser‘ et à qui on conseille nonchalamment de lâcher prise. Mais comment définir le lâcher prise ?

Lâcher prise induit le non-attachement. On est libéré du besoin de contrôle face au monde qui nous entoure, en acceptant ses contraintes et ses limites, et en acceptant nos propres contraintes et limites.

Lâcher prise, c’est l’état sans désir, c’est l’humilité retrouvé. C’est l’antipode de l’ego. On ne se projette plus vers les êtres et les choses de façon volontaire et possessive, mû par le désir de prendre, de s’approprier, de contrôler. Lâcher prise c’est accepter ce qui est, ce qui survient, et d’accepter l’autre dans la différence, sans vouloir le façonner à son image.

La maladie, l’abattement, le doute, le déséquilibre mental, la paresse, l’intempérance, l’erreur de jugement, le fait de ne pas réaliser ce qu’on a projeté ou de changer trop souvent de projet, tels sont les obstacles qui dispersent la conscience. La souffrance, l’angoisse, la nervosité, une respiration accélérée sont autant de conséquences et signes d’une dispersion mentale. Pour les éliminer, il faut centrer sa pratique sur un seul principe à la fois.

Lâcher prise c’est accepter ce qui est. Quand on s’entête, le corps répond, il manifeste souffrance et maladie. C’est le signe que l’on ne donne pas une adhésion profonde de tout l’être, à cette acceptation. C’est la réticence comme dernier point d’amarrage.

Quand il s’agit de méditation, une foule de technique existe : respiration, visualisation, méditation guidée. Tous on un seul et unique objectif : la sagesse, la patience, le calme intérieur. Mais revenons à la question centrale : qu’est-ce qui vous empêche de méditer ?

 

La performance

Avec l’engouement de ses dernières années, la méditation est devenu un incontournable pour une routine dite alignée et, comme toute notion de routine, ele devient inévitablement ‘à réussir‘. Un autre palmarès à atteindre dans notre société de rentabilité. Ainsi, exercices et techniques pullulent sur ‘comment apprendre à méditer ?’.

La méditation n’est pas un apprentissage, c’est un état. Évidemment il est possible de s’inspirer de technique, mais un apprentissage insinue une notion de résultat, de performance, de réussite ou d’échec. La peur de l’échec est un thème récurrent dans notre société. La pression constante de faire mieux, d’apprendre vite, d’être doué si possible. Toutes ces contraintes dans lesquelles nous baignons depuis l’enfance, nous le transposons à un peu près tout. Et la méditation n’y échappe pas. Par conséquent, beaucoup de personnes pensent qu’elles ne sont tout bonnement pas faites pour méditer, parce qu’elles n’arrivent pas à atteindre la ‘paix mentale‘ vendue avec le packaging ‘apprendre à méditer‘. Et ça c’est aussi alimenter par la fausse croyance qu’il existe qu’une seule forme de méditation, celle assise sur votre coussin de méditation, et qu’on a pas mal déconstruit dans les épisodes précédents.

Résultat ? Les gens se frustrent sur leur coussin de méditation : ‘vais-je réussir à faire une bonne méditation aujourd’hui ?’. Et cela vaut autant pour les novices que pour les initiés. D’ailleurs plus on est initiés, plus on est dans l’attente d’une réussite, on ne se pose même plus la notion de ne pas réussir. La méditation devient routine. Elle est donc forcément réussie. Alors que la méditation est juste ce qui Est. Fabrice Midal écrit dans son livre ‘Foutez-vous la paix !’ : ‘Au fond, on ne médite que si on arrête de chercher à méditer‘.

 

La sagesse 2.0

Quand je vous dis de visualiser quelqu’un de sage, que vous vient-il à l’esprit ? Quelqu’un de stoïque, calme, réfléchi, qui ne bouge pas ou peu, qui ne se mêle pas au monde, qui vit peut-être en ermite, à l’écart de cette société trop agitée pour évoluer ?

Voici la sagesse qu’on nous promet. Il faudrait tenir un calme de moine devant le moindre obstacle et contrôler ces émotions. Pourtant la vraie sagesse est à mon sens un peu moins édulcorée.

Vivre seul avec soi-même, rien de plus simple : pas de guerre d’opinions, d’états d’âmes diverses, de coups de sang, de gueulantes. On est seul avec soi, et c’est très reposant, ou très confrontant. On a tout le temps de s’appréhender sous toutes ses coutures. Et il n’y a aucun mal en soi : on apprend beaucoup en s’isolant. Cependant les autres et le joyeux bordel du monde extérieur sont autant de défis et d’expériences auxquels se soumettre pour réfléchir et évoluer spirituellement.

Pour moi une personne sage c’est une personne qui prend ses responsabilités et qui, par conséquence, ne tient pas les autres responsables pour ses propres émotions. C’est une personne qui sait s’écouter mais aussi exprimer sa pensée. Une personne qui se remet en question mais qui peut aussi affirmer ses positions. Une personnes qui acceptent que les choses soient impermanentes mais aussi le non mouvement.

Sans oublier cette course à ‘qui sera le plus stoïque‘, où l’on essaye de se couper des émotions et de l’ego. Et vous savez bien ma position là-dessus : l’ego on ne s’en coupe pas, on le régule.

Au travail, s’exprimer sous le coup de l’émotionnel est très mal vu. Pourtant cela permet, dans un premier temps, de relâcher les tensions et, dans un deuxième temps, d’amorcer le dialogue.

Fabrice Midal écrit encore : ‘Il y a une forme de provocation dans la vraie sagesse‘. Car nous allons au-devant de la vie avec enthousiasme et volonté de changer, de bousculer ce qui doit l’être. Il ajoute : ‘Que diraient le Bouddha, Jésus ou Socrate face aux sages naïfs et désincarnés d’aujourd’hui, plus occupés à prier, méditer et prodiguer des conseils édulcorés qu’à nous libérer de la violence sous toutes ses formes et à dénoncer la dictature de la rentabilité ?’.

 

Comment méditer ?

On distingue plusieurs approches :

  • La dévotion : plutôt appliquée en orient, elle se rapproche des rituels religieux, des chants et des prières, comme on peut le pratiquer dans le Bhakti yoga, je vous en parle ici.
  • le contrôle : on va chercher, à l’aide de pranayama ou d’autres techniques de concentration, à calmer le mental. C’est notamment ce qu’on applique en Raja yoga, je vous en parle .
  • l’observation : plus connue du public occidental , elle consiste à observer pensées et émotions, ne pas s’y attarder, les laisser partir.

Vous entendrez souvent, même sur MANIPURA, qu’il faut se reconnecter à soi, écouter ce qui nous entoure, laisser aller le mental dans ses fluctuations, accueillir les pensées et les laisser s’en aller, ne pas s’y attacher, etc …

Mais combien de personne diront ‘mes pensées ne s’envolent pas, elle restent bien là, coller au mental, impossible de s’en détacher !’

C’est là que c’est intéressant ! Très bien alors, pourquoi ces pensées décident-elles de rester ? N’y a t-il pas une part de votre mental qui essaye de vous dire quelque chose ? Peut-être n’aviez-vous pas totalement tourné un chapitre ? Y a t-il encore une piste à travailler, une leçon à tirer, une expérience à vivre ?

Se libérer d’une émotion, ce n’est pas l’enfouir jusqu’à ce qu’elle éclate un jour, c’est la prendre par la main, aller au bout de ses peurs, lui faire face, la laisser s’exprimer pour mieux la comprendre. On ne peut arrêter complètement son mental. Travaillons avec lui, calmons-le et écoutons ce qu’il a à nous dire.

L’objectif de la méditation est de nous faire reprendre contact avec la réalité telle qu’elle est, d’accepter ce que nous vivons comme nous le vivons, et non d’enfouir le tout sous le voile de l’inconscience. Fabrice Midal dit d’ailleurs : ‘La vraie paix est parfois celle qu’on découvre au cœur de l’angoisse‘.

Nous avons oublié comment s’écouter soi-même, alors que ce devrait être la chose la plus simple du monde. Ce n’est pas forcément de notre faute : notre attention est accaparée, encore et encore, par un nombre croissant de stimuli extérieurs. La pensée n’est pas encouragée. À l’école, on nous apprend des connaissances pré-mâchées, au lieu d’encourager le savoir par la réflexion.

On ne cherche pas forcément à rentrer dans une grande introspection mais d’observer simplement avec bienveillance ce que l’on est, et ce qui nous entoure, et notre interaction avec tout cela. Au final, la méditation se n’est pas être stoïque, c’est être curieux.

Vous l’aurez compris, il n’existe pas UNE technique à appliquer, mais des pistes à explorer. Ne vous frustrez pas dans des protocoles et des exercices : se forcer à lâcher prise est le contraire même du lâcher prise ! Ne cherchez rien, laissez venir. Relâchez toute attente. Soyez, tout simplement.

 

Déconstruire les idées reçues sur la méditation

Pour finir, déconstruisons une à une les quelques dernières barrières qui peut-être vous stoppent encore dans la pratique de la méditation :

  • Je n’ai pas le temps de méditer : il s’agirait de revoir votre rapport au temps. On créé du temps en créant une habitude. Commencer progressivement et détachez-vous du chrono et du temps défini. Saint François de Sales disait ‘Une demi heure de méditation est essentielle sauf quand on est très occupé, alors une heure est nécessaire‘. Pour travailler votre rapport au temps, vous pouvez écouter cet épisode.

 

  • Mon mental part dans tous les sens pendant que je médite : alors observez la danse ! Ne prenez pas la méditation trop au sérieux. Observez où votre cerveau vous emmène avec amusement ou, si ce sont pas des choses agréables, au-delà d’observer les pensées, observez les liens qui relient une pensée à une autre. C’est une pratique très instructive sur vos mécanismes et enrichissante pour la compréhension de vous-même. N’oubliez pas de garder la respiration comme point d’ancrage.

 

  • Mes émotions me submergent pendant que je médite : faites confiance en votre corps et en sa capacité d’exutoire. Comme lorsqu’il sue pour réguler sa température, lorsque qu’il urine pour éliminer les toxines ou qu’il fait de la fièvre pour vaincre une infection, laissez l’émotion être vécue tout en essayant de vous rassurer, de vous accompagner dans le vécue de cette émotion. Laissez votre corps gérer son expression pour la vivre puis la faire sortir. Une émotion ne peut, pas définition, être maîtrisée. En essayant de la contenir, elle ne disparait pas mais se transforme en charge dans votre plan astral.

 

  • Je suis trop dans le contrôle quand je médite : contrôler ne veut pas nécessairement dire accepter. L’observation n’engage à rien, elle ne vous impose pas de parti pris sur ce que vous ressentez ou expérimentez. C’est se laisser la possibilité d’expérimenter que de lâcher prise. La notion de contrôle apparaît uniquement lorsqu’on ne veut pas être dépossédé de son pouvoir de décision, déposséder du fait d’être responsable de sa vie. Le lâcher prise ne va pas à l’encontre de ça. Le lâcher prise ne vous demande pas de faire glisser votre être hors de votre champ d’action. Le lâcher prise n’est paradoxalement pas contraire au contrôle. C’est justement quand ils peuvent cohabiter, qu’on a des personnes équilibrées, qui prennent leur responsabilité, osent s’exprimer, mais aussi comprennent ce qui n’est pas de leur ressort, et qui trouvent un équilibre entre être dans la maîtrise de soi et laisser aller ce qui n’est pas à être dans cette maîtrise.

 

  • Je m’ennuie pendant la méditation : la méditation demande une attention constante. Si vous vous ennuyez, c’est ce que vous n’êtes pas dans cette attention. Vous laissez votre esprit divaguer. Une fois dans la conscience de l’instant et dans l’écoute, l’observation attentive de ce qui se passe, la curiosité des sensations, il y a fort à parier que vous ne vous ennuierez plus. Mais si votre capacité d’attention est courte, elle se rallongera avec le temps. Acceptez alors de méditer seulement 5 minutes, puis 10 etc … L’attention se travaille. Et comme depuis petit le but de notre environnement et de la société est de capter notre attention continuellement, on a oublié comment en être le maître.

 

  • Je m’endors pendant la méditation : déjà c’est plutôt bon signe, ça veut dire que vous êtes détendu. Vous pouvez déjà vous demander quel est votre rapport au sommeil. Il est aussi intéressant de voir quelle pratique ou à quel moment de la méditation vous vous endormez. Des détails qui regorgent d’informations pour vous comprendre. Si vous vous endormez en body scan avant même de passer vers la poitrine, vous pouvez vous se demander pourquoi, arrivé à cette zone, votre corps vous mute et vous plonge dans l’inconscient. Aussi évidement essayez de méditer assis, peut être les yeux ouverts avec toutefois le moins de distractions visuelles possibles autour de vous. Et méditez à un moment propice pour vous ! Si vous n’êtes pas du matin, préférez méditer le soir.

 

  • La position n’est pas confortable en méditation : bonne nouvelle, il en existe plein de différentes ! Vous pouvez observer cet inconfort car cela fait partie de la méditation. Mais à moins de vouloir d’être moine, vous êtes libres de changer complètement de position. Faites le avec la conscience de vos mouvements ou même méditez en mouvement. Le but n’est pas de vous créer des tensions.

 

  • Je veux y réussir à méditer de suite : je vous renvoie une nouvelle fois à l’épisode 23 sur votre rapport au temps tout en vous demandant ceci : qu’est ce qui presse au juste ? Si vous voulez y arriver de suite, la formulation en elle-même indique que vous attendez un résultat. La méditation est un état qui se pratique et la pratique vient avec le temps. Cultivez la patience mais aussi l’indulgence vis-à-vis de vous-même. La paix n’est pas sur la ligne d’arrivée, elle est sur la progression, sur le cheminement.

 

  • Je me juge pendant la méditation : ce qui est difficile peut être en méditation c’est qu’on créé de l’espace pour une introspection. D’être d’un coup concentré sur soi, cela peut faire revenir toutes les choses qu’on met de côté pris au quotidien. Prenez cela comme une chance : vous ouvrez un livre en vous rempli de croyances, et la méditation peut vous aider à déconstruire une à une celles qui ne conviennent pas. Pour cela c’est vrai il faut passer par la première étape, qui est l’ouverture de ce livre, ce qui peut être confrontant. Ne vous identifiez pas à vos pensées, elles amènent avec elle une information, à vous de décider si vous voulez en faire un fait, ou non. Mais quel que soit le travail que vous entreprenez, et comme il ne s’agit plus d’une simple observation mais d’une transformation, traitez une croyance à la fois, ne vous mettez pas en tête de toutes les déconstruire d’un coup, au risque d’engendrer de la frustration. C’est ce que je vous propose avec le programme Méditations Astrales, où je traite des sujets spécifiques pour vous guider sur une transformation à la fois.

 

  • Je suis perfectionniste : alors rappelez vous, une nouvelle fois, qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méditation.

S’inscrire au Programme Méditations Astrales :

https://spiritualite-et-yoga.systeme.io/listedattente 

Un seul lien pour télécharger toutes les ressources gratuites :

https://linktr.ee/amba.manipura 

 

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