Au pied du mur : les dessous de la spiritualité

Cela faisait longtemps que je ne mettais pas laisser aller à une chronique. Parce que je n’arrive tout simplement pas à travailler au milieu d’un esprit chaotique. Ça paraît si logique quand je l’écris, et pourtant, je me force à produire sans prendre en compte mon état émotionnel. Forcément le résultat est décevant ; et forcément cela me donne une raison de plus de ruminer devant mon inefficacité. 

Ces pages chroniques deviennent au fil du temps un véritable journal sur mon cheminement spirituel. Parce qu’il me tient à cœur de vous montrer que tout n’est pas toujours rose, et que c’est bien ainsi qu’on avance : on se frayant un chemin. 

En vérité j’ai cette idée d’article depuis un moment. Mais il me fallait un élan de désespoir pour qu’enfin les mots s’accouchent sur pixels. À savoir les dessous de la spiritualité, ou plutôt les fleurs et papillons qu’on veut vous vendre comme évolution spirituelle.

En fait je crois que personne n’est vraiment préparé à se lancer dans un travail spirituel. Je parle du vrai travail de fond. Il faut être prêt à se remettre en question, les vraies questions, celles qui piquent. Il faut admettre qu’on ait tort, oh grand démon de l’ego, et ça, personne n’adore. Ça fait sérieusement grincer des dents. Car la spiritualité a beau nous rapprocher d’un monde d’amour et de compréhension, le chemin reste sinueux et plus on croit atteindre l’arrivée, plus on se rend compte qu’il reste le double du chemin à parcourir. Puis il y a les gros creux de vague, ceux qui vous font douter à sang de votre existence et vous amène vers les extrêmes les plus dangereux. 

cheminement spirituel

La spiritualité (et par là j’entends les expériences de votre âme), elle vient frapper à votre porte, et il faut être prêt à recevoir des coups au ventre. Elle vient menacer, malmener, torturer votre ego, pour qu’enfin vous puissiez lâcher sa partie mordante, ou du moins pour vous permettre de l’harmoniser. Mais entre la menace et l’harmonie, il peut y avoir des années, voir plusieurs vies durant lesquelles on cherche désespérément la source de nos malheurs. Le plus dur en fait, c’est de voir que derrière cette torture de l’ego il y a l’amour du Tout (si, si, tout n’est pas que violence et leçon, même si c’est dur à croire sur le moment).

Un jour, alors que j’étais au bout du bout, désespérée entre le choix de continuer ou non, je me suis mise à regarder le soleil à travers le feuillage de la forêt, et j’ai demandé à l’univers un signe, quelque chose, pour qu’il me confirme que ma place est bien ici, que je dois rester et continuer. Il n’y eu rien. Pas d’apparition magique, pas d’expérience transcendantale, pas de message divin, pas de signe, rien. Juste le soleil qui passa derrière un nuage, me coupant de la dernière source de lumière.

Et c’est sûrement là que j’ai reçu ma plus grosse claque : si je voulais aller mieux, il fallait que je me remonte les manches, que je ramasse les dernières miettes d’estime qui pourrissaient au sol, et que je me relève moi-même. Il n’y aurait rien pour me sauver au moment les plus décisifs. Il n’y avait que moi et ma volonté d’avancer. Pas de miracle, pas de coup de pouce : il me fallait créer mon propre miracle, sans quoi je pouvais prendre le choix de tout arrêter, et l’univers acceptera ce choix comme n’importe quelle autre part de mon expérience. 

L’univers est là pour vous aider, et même si sur le moment cela paraît comme une infâme punition, en fait c’était ça le coup de pied nécessaire pour vous réveiller.

Pour cela j’aime beaucoup l’approche de Johanna Awakening qui ne jette pas de poudre aux yeux de ceux qui l’écoutent. Si vous voulez un changement, certes vos guides vous appuient, certes l’univers est de votre côté, mais il va falloir bouger un truc, être prêt à sortir de sa zone de confort, et croyez-moi que cela n’est pas juste quelques sourires et une petite remise en question.

Évoluer c’est prendre toutes ces blessures une à une. Celles dont on préférait crever plutôt que d’avoir à les remuer, celles qui vous font perdre le contrôle si quelqu’un s’y approche de trop près, que ce soit en l’éveillant par des paroles, des gestes ou des actes. Honnêtement ça fait mal, honnêtement il y aura des moments où vous désirerez l’exile, où vous vous sentirez devenir fou, honnêtement oui, il y aura de ça, et il y en aura toujours encore et encore tant que l’expérience ne sera pas comprise. Et même si elle a été comprise une fois, vous n’êtes pas à l’abri qu’elle revienne, car on est très vite retombé dans nos si confortables schémas.

Mais la vie humaine reste une expérience, et non une suite de leçon. Je déteste le terme l’école de la vie. Comme s’il y avait des niveaux à atteindre. Même quand on parle d’évolution spirituelle, encore une fois, il ne s’agit pas de monter en grade ou d’atteindre un idéal (j’en avais déjà parlé dans mon article Questions existentielles N°1). Vous n’avez rien à apprendre en soi, il s’agit juste d’expérimenter ce dont votre âme a besoin pour se reconnaître.

La spiritualité vous met à l’épreuve. On le vit comme une violence, et on se porte comme victime du jeu du miroir (l’autre reflète ce que nous émanons et inversement), on ne sait plus où aller ni que faire. Derrière tout cela, même si ce n’est pas évident à cerner, il n’y a que l’amour de nous voir évoluer. L’âme se défait ainsi des mécanismes souvent auto-destructeurs de l’ego. Le tout est de comprendre qu’il n’y a pas de victime, seulement des gens maladroits qui se reflètent les uns les autres.

Moi qui aime beaucoup Amy Winehouse, j’ai dévoré encore et encore ce documentaire retraçant sa vie, de son enfance à sa fin tragique. Et là j’ai vu clairement : sa blessure d’abandon, son besoin de reconnaissance, la recherche inconsciente de la même expérience (un homme qui recréera une nouvelle blessure d’abandon dans sa vie), la maltraitance de son corps comme un cri face à l’abandon dont elle souffre et dont elle se fait souffrir en s’abandonnant elle-même.

J’ai aussi vu combien elle aurait pu se sauver en identifiant ses blessures, en comprenant comment cela l’affectait, en prenant conscience de sa valeur, et que celle-ci n’était altérée en rien quelque soient les expériences qu’elle devait vivre dans son incarnation. Elle n’a malheureusement pas pu aller au-delà de ses blessures qui la hantaient.

Son destin terrible a fait écho en moi. Moi qui arrive à déceler ces maux (tout du moins grossièrement), il est vraiment ardue de les guérir. J’imagine alors difficilement dans quel extrême on peut être poussé si on n’a même pas conscience des origines de notre mal-être.

J’ai tellement de chose à apprendre, tellement de façades à faire tomber. Ces passages en force me semblent nécessaires, bien que je me décourage facilement. J’ai l’impression d’être boostée dans cette quête, comme un marathon qui ne s’arrête jamais. C’est vivifiant et éreintant. Cela me permet d’avancer plus vite mais au prix de quelques bouffées d’air.

Pour conclure

Ne plus se sentir victime et devenir acteur. Assumer ses responsabilités, les vraies, les profondes. Aller fouiller dans les zones les plus sombres. Accepter que les autres aient également ce travail à faire, et que cela peut indéniablement nous affecter aussi et/ou venir titiller nos blessures. 

La manière dont vous voyez les choses joue forcément sur la manière dont vous les vivrez. Ma vision très négative des choses fait qu’au moment où elles se produisent, je les vis très mal. Alors que si je ne porterai aucun jugement sur la situation, je la prendrai comme une opportunité plutôt qu’une leçon. L’audience définit également la manière dont on prend les choses :  si notre entourage a l’air de nous porter aucun jugement, on aura plus tendance à prendre une expérience comme une opportunité. La perspective joue énormément.

Ayez foi en vos expériences de vie. Cherchez à comprendre ! Pourquoi je souffre au juste ? Qu’est-ce qui me dérange dans cette situation ? Quels sont mes mécanismes de défense ou d’attaque ? Suis-je vraiment victime de la situation ? Et si oui, n’y a t-il pas quelque chose que je dois comprendre par le biais d’autrui ? 

La spiritualité est loin d’être un chemin de zénitude, mais chaque clé de compréhension est un soulagement immense et un nouveau commencement. Et vous, comment vivez-vous votre spiritualité ?


Je vous conseille :

  • Le Blog de Raphaellakay qui n’hésite pas à détailler ses réflexions, à remettre en question ses croyances, tout en cultivant une curiosité d’apprendre, en assumant de pouvoir se tromper, en revenant sur ses mots. Une belle manière de cheminer dans la connaissance de Soi.
  • Le livre Les 5 Blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau.

2 réflexions sur “Au pied du mur : les dessous de la spiritualité

  1. Raphaellakay dit :

    J’aime beaucoup ton texte qui agit comme une formule magique dans certains moments. Du moins, c’est le cas pour moi aujourd’hui. J’avais besoin d’un rappel sur certaines choses. Ta phrase « Ne plus se sentir victime et devenir acteur. » je la dis souvent à mon entourage mais je ne me la dis pas souvent à moi-même ; pourtant, ‘intellectuellement’ je suis d’accord avec, après pour la pratique, ça laisse à désirer. Autant j’arrive à sortir de la sensation d’être une victime, autant véritablement entrer dans l’action me coûte encore. J’ai l’impression d’être coincée dans l’entre-deux souvent !
    Je n’ai pas encore vu le documentaire sur Amy Winehouse mais moi aussi je me pose souvent la question sur le vécu des artistes/célébrités que j’adore (et notamment : « pourquoi je suis attirée par tel type de personne ? Qu’est-ce qui m’interpelle dans leur oeuvre ? ») et ça m’arrive aussi de le faire pour des personnalités plus polémiques (car dans les média, on condamne vite mais on ne creuse pas plus loin, ce qui est regrettable)
    Pour terminer ce long commentaire, merci pour tes écrits, pour le clin d’oeil vers mon blog et je suis heureuse de savoir que toi, moi et bien d’autres personnes font cette démarche de se poser des questions et de voir plus loin. Pour celles et ceux pour qui ce n’est pas encore le cas, on ne sait jamais, ça peut venir un jour ou l’autre 🙂

    • Amba dit :

      Merci .. Que mes articles soient utiles à d’autres de la même manière qui le sont pour moi, c’est la meilleure chose qui soit 🙂
      La pratique est toujours compliquée .. Même moi en écrivant ses lignes, je sais qu’il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail et de temps avant de pouvoir mettre toutes ces pensées avec lesquelles je suis d’accord, en pratique dans mon quotidien.
      Et encore une fois .. Je te retrouve totalement ! Le passage à l’action est très compliqué, même si je suis prête et d’accord, il y a comme mon ego, ou la peur, ou le fait de ne pas oser, qui rentre en jeu, et souvent je passe à côté de ce que j’aurai dû faire, dire, ou mettre en place . Mais bon, déjà en être consciente, c’est un petit pas de plus.

      C’est une bonne question à se poser, au sujet des célébrités. Je sais profondément ce qui m’attire chez Amy, et chez Green Day aussi (qui est mon groupe préféré de tous les temps ..), et c’est très intéressant de voir le rapport que l’on a à leurs oeuvres en fonction du temps qui passe aussi (souvent je reviens aux mêmes sources), ça fait très certainement résonner quelque chose en nous.
      Pour ce qui est de condamner rapidement … je ne peux que te suivre là-dessus. Chaque être est tellement complexe, il y a tellement plus que les grandes lignes que les gens avalent allègrement sans se poser de question…

      Merci à toi de me lire, merci également car je viens juste de voir ta section ‘je vous soutiens’ et c’est vraiment gentil de m’y faire figurer, ainsi qu’en bas de ton blog, j’en suis super contente et fière. Un vrai plaisir de suivre ton évolution, et la mienne, avec les années qui passent et malgré la distance. Je t’embrasse <3

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