Être responsable de son propre bonheur

Être heureux dépend de notre perspective sur le monde et des croyances que nous voulons bien prendre pour vérité, mais c’est également une histoire de responsabilité. Quand on connaît la loi de cause à effet, on reconnaît que nos actions amènent à certaines conséquences. Conséquences dont on ne peut se plaindre car elle résulte de nos actions.

Ça c’est la théorie. Elle est belle et bien ficelée sur fond blanc. Mais l’expérience elle, vient vous frapper en plein visage et ne demande qu’à être reçue comme telle. Pas toujours évident d’avoir un regard objectif sur ce qui découle directement de nos actions, et de ce qu’on aurait pu faire mieux.

En ce moment je relis les accords Toltèques et tiens tiens … J’ai l’impression que ces quatre petits préceptes surpuissants s’invitent dans ma vie pour me plonger une fois de plus de la théorie vers la pratique. Le sentiment d’être rappelée à l’ordre, comme si l’Univers me disait ‘arrête de te plaindre, constate, et avance’.

 

LA LEÇON DES VERTIGES

Il y a plus d’une semaine, j’ai été prise de violents vertiges. De ceux qui ne vous autorisent que la position allongée. Au début évidemment, j’ai pesté. Je venais de commencer un nouveau travail avec la pression de faire mes preuves et un rythme nouveau sur lequel me calquer. J’ai pleuré devant mon incapacité à faire face, j’ai eu peur de ce corps qui me lâchait, et j’ai psychoté en me disant ‘et si je restais comme ça à vie ?’ (Drama Queen Bonjour !)

Finalement, j’ai quand même essayé de comprendre quel message mon corps voulait me faire passer. Les vertiges c’est la perte de repère, l’instabilité. Étant seule chez moi, sans possibilité de me reposer sur quiconque, avec le soutien de mes proches certes, mais tous étant malheureusement très loin géographiquement parlant. Puis je me suis dit qu’il serait bien plus efficace de troquer la flagellation contre l’indulgence et la compassion. Indulgence face à ce corps qui reprenait un rythme soutenu et compassion pour cet esprit qui tentait de se reconstruire des repères par ses propres moyens.

Car en reprenant le poids-lourd (mon premier métier avant le yoga), j’ai vu resurgir cette pensée d’un autre temps ‘et si j’en profitais pour reperdre du poids comme auparavant ?’ (soit bosser comme une taré le ventre vide). J’ai bien essayé de pousser mon corps, voir s’il se réappropriait ce régime forcé. Et mon corps m’a dit NON, juste NON. Lorsqu’il a manifesté ces énormes vertiges, j’ai compris qu’il était temps que je le traite avec le respect et la gratitude qu’il mérite, lui qui me porte chaque jour en bonne santé. Je me suis mise à remercier chaque jour où je me levais sans problème, en réalisant cette chance incroyable. J’ai écris cette méditation sur l’amour de soi, et j’ai aidé et encouragé mon corps à aller mieux. 

Conclusion : pour aller vers le mieux-être, je dois me traiter avec respect, amour et gratitude.

LA LEÇON DE COUPLE

Sans rentrer dans les détails, ma vie de couple a elle aussi été assez chaotique depuis quelques mois maintenant. L’envie d’être heureux ensemble mais l’impossibilité constante d’arriver à ce but. Toujours, je me lamentais de ne pas voir cette situation évoluer. Toujours j’étais triste d’entendre ce que mon compagnon avait à dire, prenant ses mots personnellement et à cœur, comme mon échec flagrant d’établir une relation épanouie.  Toujours je disais faire de mon mieux, être à l’écoute, être la victime de cette pression accumulée par nos deux énergies mais … était-ce vraiment le cas ? N’étais-je pas pressurisée par ma propre énergie, tenant l’autre pour responsable ? (accords Toltèques Bonjour !)

Même si mes intentions étaient foncièrement bonnes, je hais les conflits, mettre les choses à plat, par peur de décevoir sans doute, ou de ne pas être aimée pour ce que je suis. Au final, mes intentions n’étaient bonnes qu’à protéger mon ego et une stabilité superficielle (du style ‘jusqu’ici tout va bien‘), alors que mon ami a plutôt tendance à mettre carte sur table, même celles que l’on aurait préféré cacher sous le tapis. Cette position lui a valu le rôle de grand méchant, alors que son honnêteté était l’essai le plus probant de maintenir notre relation. 

Petit à petit, et même si tout n’était pas noir de mon côté, je réalise que je ne faisais pas forcément de mon mieux, en essayant d’entretenir un système qui ne marchait visiblement pas. Je me cachais et j’étais dans l’attente d’un dénouement miracle, sans de réelles entreprises de ma part, ou juste quelques essais peu engageants. Mon écoute était assez superficielle et présente que quand cela allait dans mon sens ou dans mon temps disponible. Même s’il y avait l’amour et l’envie de se sortir de l’impasse, je ne m’impliquais en réalité que très peu, ou que sur les grandes lignes. Pire peut-être : je portais l’autre responsable de chose qui, à y regarder de plus près, ne tenait qu’à moi. Tout cela sans vraiment le conscientiser, en étant persuadée que je faisais ce que je pouvais étant donnée la situation.

Conclusion : dans nos relations aux autres, nous avons toujours notre part de responsabilité, toujours notre rôle à jouer. Nous ne pouvons être passifs et nous apitoyer si une situation ne nous convient pas. Ce qui me rend heureuse dans cette situation précise, c’est que pour une fois, je ne suis pas allée vers des ‘mon dieu je fais ci et ça, j’ai tellement tort !(culpabilité x1000) mais plutôt des ‘OK j’ai fait ça, comment peut-on faire pour s’améliorer’.

Mon copain m’a également rappelée quelque chose d’important : ce n’est pas parce qu’on est mauvais dans quelque chose (moi avec la communication en couple par exemple), qu’on doit remettre tout ce qu’on est en question, ce n’est pas parce qu’on est un peu bancal en couple qu’on est une mauvaise personne, etc … Chose à laquelle les personnes avec peu d’estime d’elle-même ont tendance à se conforter très rapidement par effet de domino.

LA LEÇON DE LA NON COMMUNICATION

Ou des engagements multiples. Je travaille de temps à autre pour quelqu’un sur mon temps libre. Travail nécessitant ordinateur et de nombreux appels téléphoniques. Seulement dernièrement, et avec le tumulte de ces derniers mois, je n’avais plus aucun temps libre ou quand j’en avais, la motivation était complètement absente. Je repoussais, repoussais encore, fuyais les écrans, jusqu’à ne plus avoir envie d’écrire du tout, même ici, sur ce blog que je chéris tant. 

Au fond de moi je savais : cette tâche ne me plaisait plus. C’était devenue une corvée et la repousser chaque jour faisait naître en moi une culpabilité monstre. Mais je n’osais arrêter par peur de décevoir, et parce que je m’étais engagée. Le livre de Fabien Olicard, Votre temps est infini, m’a permis de mettre le doigt sur toutes ces tâches qui chaque jour nous prennent de notre précieux temps de vie, et pour lesquelles nous ne tirions aucun bénéfice en accord avec nos mantras, nos directives de vie. Pour moi ces mantras sont Stabilité et Épanouissement (le livre vous aide à trouver les vôtres). Honnêtement cette tâche ne m’apportait aucune stabilité (car elle empiétait sur mon temps personnel, rare et nécessaire à ma stabilité), et aucun épanouissement (je ne me sentais nullement épanouie en l’exécutant). Les seules avantages étaient bien évidemment financier, mais aussi et surtout l’envie d’aider et de participer à ce projet.

À force de repousser, le travail non fait s’accumulant, la personne m’a fait savoir sa déception et me demanda de prendre une décision : continuer ou arrêter. Cette personne était évidemment dans son bon droit, et sa réaction logique. Je me sentais heurtée dans mon ego car inefficace au travail, alors que j’avais moi-même créé cette situation. Je savais éperdument que passer ma démotivation sous silence était une erreur. Je n’osais dire que je ne m’y retrouvais plus par peur de décevoir, et à force de repousser, je décevais dans tous les cas et je me trouvais bien bête de ne pas avoir été franche depuis le début.

Conclusion : être responsable de son bonheur et l’entretenir, c’est communiquer sur ces choses qui ne nous conviennent pas ou plus. C’est être honnête avec soi-même, avec les autres, et ne pas attendre passivement que les choses s’enveniment par peur d’être jugé. Si nous sommes malheureux dans une situation, il ne tient qu’à nous de la changer, ou tout du moins d’en parler.

 

DERNIER EXEMPLE POUR LA ROUTE

Je cite cet exemple car je l’ai vu mainte et mainte fois et je ne cesse de voir des personnes concernées autour de moi. Des personnes qui se résignent à vivre des mois, des années, voir des dizaines d’années avec d’autres personnes avec qui elles ne sont pas heureuses, mais elles finissent par rester car elles se sentent redevables et responsables du bonheur de l’autre. L’autre est dépendant, et le quitter serait un cataclysme voir la fin de son monde. Pourtant vous n’êtes responsable du bonheur de personne. Vous êtes responsables de vos actions oui, mais le bonheur est un choix propre à chacun. Si une personne se repose sur vous pour être heureuse, c’est qu’elle est passive dans son propre cheminement. Bien sûr nous avons le droit d’avoir un partenaire de vie qui nous rend heureux. Mais nous restons responsables de notre propre bonheur, responsable de quitter une situation, de changer de perception, d’évoluer dans notre pensée. Responsable de nous aimer, sans dépendance, dans l’acceptation de ce qu’on est, et dans la conscience de ce qu’on peut améliorer si besoin est.

Le bonheur dépend de notre relation à soi, de notre relation aux autres, de l’amour que l’on a pour soi et du respect que l’on se porte, de l’implication dans ce qui nous semble important, d’être dans l’action, dans le non-jugement, dans le constat bienveillant pour avancer libre et serein. Le bonheur est un choix, une perspective. C’est suivre ces valeurs, ces convictions, tout en acceptant la remise en question. C’est communiquer sur ce qu’on est, ce que l’on veut vraiment et ce dont on ne veut plus. C’est être VRAI dans notre relation à soi et aux autres. Le bonheur n’est pas un but utopique à atteindre. C’est un choix, un mode de vie, une décision prise avec soi-même.

Et vous, prenez-vous la responsabilité de votre propre bonheur ?  Si non, êtes-vous bienveillant envers vous-même devant ce constat ? Osez-vous communiquer en vue d’être plus heureux avec vous-même et ceux qui vous entoure ? Dites-le moi dans les commentaires !

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